Ci-après, le brouillon de ce que je lis dans cet épisode. Brut de décoffrage, avec probablement des fautes d'orthographe...
Dans ce 4è épisode de Cogit’art, je vais m’intéresser au film Inception de Christopher Nolan.
Le contenu présenté dans ce podcast est en grande partie inspirée d’un travail de groupe, réalisé au cours de mes études universitaires.
Il est à noter qu’après mon premier visionnage de ce film, je n’étais pas forcément très emballé, n’y percevant pas tout de suite toute sa profondeur.
Nous étions tombé sur une analogie entre les rêves partagés et les films. En effet, on assiste à beaucoup de brainstorming au sein de l’équipe de Cobb, qui semble s’organiser comme une équipe de cinéma. Saito, incarné par Ken Watanabe serait le producteur ; Cobb, le personnage de Leonardo DiCaprio serait le réalisateur ; Eames, joué par Tom Hardy serait l’acteur principal. Tandis que de son côté, Fisher, incarné par Cillian Murphy, représenterait le spectateur.
Selon cette comparaison, le cinéma serait donc un moyen pour le réalisateur de partager ses rêves avec le public. Les incohérences qu’on ne remarque pas dans les rêves pourraient être comparée à la suspension consentie de l’incrédulité, tandis que l’aspect « dans un rêve, on ne sait pas comment on est arrivé là » pourrait correspondre à des cut in medias res.
Mais alors, quel serait le message d’Inception, si on garde ces éléments en tête ? Le but de l’équipe de Cobb est de manipuler Fisher, qui représente le spectateur, afin de servir les intérêts de Saito, le producteur… Ce serait ça, le message du film ? Une critique du monde du cinéma, qui cherche à faire du profit, en manipulant au besoin les spectateurs ? Un message somme toute très sombre et autocritique ?
Je ne pense pas. En effet, il y a des aspects de l’industrie du cinéma qu’on peut très probablement critiquer, mais je ne crois pas que ce soit le message principal du film, loin de là.
Et puis… Nous nous sommes aussi demandé ce que cela pourrait donner si on comparait le rêve partagé qu’on construit pour Fisher ; au film Inception lui-même. Et il s’avère qu’on peut trouver un grand nombre de similitudes entre la trajectoires de Fisher, le spectateur et celle de Cobb lui-même, le réalisateur.
Au tout début, ils sont menacés par un personnage, respectivement Saito et Cobb, qui se muent ensuite en allié. Un personnage de leur entourage leur est présenté comme un traître : respectivement le premier architecte de Cobb et l’oncle de Fisher. On leur demande quelque chose d’impossible, à savoir réussir une inception, ou bien fournir un code qu’on ne connaît pas. Et puis aussi, ils réussissent leurs catharsis à la fin.
Et je pense que ce dernier point est un message important du film. La réconciliation l’emporte sur les émotions négatives. La manipulation fonctionne si le manipulé y gagne quelque chose ; en l’occurrence, en réussissant cette catharsis, leur permettant d’aller de l’avant après leur deuil difficile. D’ailleurs, plutôt que de parler de manipulation, le terme d’influence pourrait être plus adéquat.
Et si on va au bout de cette analogie entre Fisher et Cobb, entre spectateur et réalisateur ; on peut y voir l’idée que les réalisateurs aussi subissent ces influences. Que même ce qui leur apparaît comme une réelle inspiration, est en fait le fruit de petites graines d’influences, plantées à une profondeur suffisante.
En fait, nous sommes tous en train de nous influencer et inspirer continuellement. À tel point qu’il est difficile de savoir d’où vient une idée, de savoir ce qui a précédé quoi. Peut-être, un peu, comme si l’idée avait poussé d’elle-même, dans un champ d’influence favorable.
Ainsi, je pense que les fictions nous donnent un terreau particulièrement intéressant. Avec quelque graines plantées dedans, qui vont parfois avoir l’effet souhaité ; mais dont l’effet peut parfois être inattendu. Les fictions ouvrent l’imaginaire et la réflexion. Mais elles ne forcent pas, en général. C’est ça qui les rend si agréables. On a l’impression qu’on peut y voir ce que l’on souhaite, ce qui nous convient, ce qui nous parle. Elles nous donnent de la matière première, qu’on peut analyser, discuter entre nous, ou utiliser comme illustration au cours d’un débat. Les fictions permettent de communiquer. Et d’avancer.
Est-ce que c’est vraiment le message du film, le message que voulait Christopher Nolan ? Je ne peux en être certain. Ce qui fait du film Inception lui-même, un bon exemple. Un film suffisamment riche pour me permettre de réfléchir à un tas de questions, sans que je puisse être certain du message voulu par le réalisateur.
Peut-être suis-je victime d’une inception. Ou peut-être qu’à partir de ce film, je me suis construit de moi-même une opinion complètement différente.
Mais le résultat est le même : inception est un grand film, qui aura eu, d’une manière ou d’une autre, une certaine influence sur moi. Comme à peu près chaque fiction, à des degrés différents.