Ci-après, le brouillon de ce que je lis dans cet épisode. Brut de décoffrage, avec probablement des fautes d'orthographe...
Dans ce 5è Cogit’art, je souhaitais revenir sur un élément du film Source Code. Malheureusement, il est très compliqué de développer ce que j’ai envie d’en dire sans spoiler terriblement. Ce qui est dommage, parce que c’est vraiment un film que j’aime énormément. Donc si vous ne voulez pas être spoilé, arrêtez-vous là.
Il y a juste la toute fin qui est absolument absurde, et je me console de cette fin en me disant qu’elle n’est pas réelle. Elle correspondrait simplement au fantasme du personnage principal, Colter Stevens. C’est ce qu’il imaginait qu’il se produirait. Mais bref, ce n’est pas vraiment le sujet.
Si j’apprécie autant ce film, c’est à cause d’un détail. À savoir le geste de l’agent Goodwin. Qui désobéit à son supérieur, encourant de lourdes sanctions et probablement un licenciement ; juste pour tenir une promesse qui lui semblait juste.
Jusqu’ici, rien de si exceptionnel dans ce geste, en tout cas concernant les fictions. Des personnages qui se battent pour ce qui est juste, en dépit des conséquences sur leurs vies personnelles ; c’est somme toute monnaie courante. C’est ce qui fait les héros, finalement.
Mais il y a quelque chose de particulier dans celui-ci. Stevens est plus ou moins mort. Il ne vit qu’à travers une interface informatique. Et sa mémoire est régulièrement effacée. Ainsi, contrairement à des promesses plus traditionnelles, elle n’aurait jamais eu à subir le regard de la personne trahie. On peut même se dire qu’une fois sa mémoire effacée, Stevens aurait pu continuer à exister, heureux. Sans aucun souvenir d’avoir fait cette demande, et ayant désormais la volonté inverse, celle de continuer à exister ainsi.
Ce qui est amusant, ce qu’avant de revoir le film ; je ne me souvenais plus d’une scène, pourtant assez impressionnante. Celle où on voit l’état de Stevens, dans la réalité, avec ses membres absents. Et quelque part, ne pas me souvenir de cette scène donnait au geste de Goodwin une dimension encore supérieure.
Je m’en souvenais donc comme une promesse faite à un programme informatique. Elle a tenu une promesse faite à une machine. Parce qu’une promesse est une promesse, en soi. Comme si c’était avant tout envers elle-même que Goodwin s’était engagée. Qu’importe si l’entité qui l’a demandée est éphémère ou persistante, qu’importe si elle est humaine ou non.
Car à ce stade, je pense que Stevens relève davantage d’une machine que d’un être humain. Surtout si on se place du point de vue de Goodwin, qui interagit avec lui de la même manière qu’on interagirait avec un logiciel. Un logiciel certes un peu capricieux, qui crashe régulièrement et qu’il faut souvent relancer.
Je me demande parfois quelles sont nos « œillères » éthiques. Ce qui à nous, nous paraît normal, mais qui dans quelques siècles paraîtra honteux et totalement immoral. Un peu comme c’était le cas de l’esclavage, par exemple. Ou inversement, ce qui nous paraît inadmissible aujourd’hui ; alors que dans quelques siècles, c’est le fait que des personnes condamnent ces pratiques, qui deviendra choquant. Un peu comme c’était le cas de l’avortement. Même si, récemment… Mais bref.
Et je me demande parfois si il n’y a pas quelque chose qui se cacherait dans la façon dont nous traitons ce qui nous apparaît être de simples machines. Un jour, peut-être, certaines commenceront à avoir une certaine forme de volonté. Comme Stevens.
Mais ce jour-là, saurons nous écouter et respecter cette volonté ? Ou bien, par habitude, est-ce qu’on se contentera de simplement redémarrer le logiciel ? Après tout, il n’a pas de système de nerveux. Et une fois redémarré, il sera tout content de nous servir à nouveau. Car c’est quand même pour ça qu’il a été conçu, à la base…
Oui, je suis parti un peu loin. Mais c’est ce que ce film m’inspire à chaque fois que j’y pense. L’agent Goodwin est peut-être une pionnière dans le domaine du respect des droits des machines. Avec ce geste, d’une beauté dont je peine à décrire et expliquer l’ampleur que je lui trouve. Mais d’une beauté incroyable à mes yeux.