Ethim, sagesse artificielle

Abstract

Formats alternatifs

Acteurs

Orthographe

Fuminin grammatical universel

 

Abstract

L'histoire se déroule dans le futur. Une assemblée s'apprête à voter sa propre dissolution, afin de laisser les pleins pouvoirs à Ethim, une intelligence artificielle. Conçue initialement pour rendre des jugements éthiques, elle gouverne la planète de manière plus que satisfaisante depuis de nombreuses années.

Dans la partie finale, on suit le déroulement de cette assemblée, à travers les pensées de 4 personnages : Carole, Ellen, Youssef et Hector.
Les 4 premières parties sont narrées par chacune de ces 4 personnages, se remémorant des moments clés de leurs passés.

 

Formats alternatifs

Si vous préférez la pure lecture :
un ancien script  ;  un pdf

Pourquoi un format audio ?
Parce qu'il permet de suivre une histoire tout en regardant le paysage défiler dans le train, ou en jouant à 2048, ou en dessinant...
Désolée pour la qualité du son parfois très moyenne. Mais en mettant sa musique préférée en arrière plan, ça passe ;-)

 

Actrices

Ariane Rebourg
Me Sesiano,  Cliente belliqueuse,  Experte, Présidente de l'assemblée

Eugénie Bouquet
Elizabeth,  Mère d'Ellen,  Carole Plapuy,  Mathilde

Florian
Hector Satterthwaite,  Père d'Ellen,  Journaliste,  Députées

Laurane
Mme Agnès Coevarria

Lorraine
Ellen Spylacopa,  Metteure en scène

Serge Amet
Frère d'Hector,  Marcel,  Laurent,  Youssef Kennord,  Robot

 

Orthographe

Déconcertée par l’orthographe ? La plupart des "fautes" de genre sont voulues. Je suis sensible aux arguments avancés par des personnes qui défendent l’écriture inclusive. Mais selon moi, cette écriture n’est pas la meilleure réponse à ces enjeux. En effet, je trouve qu’elle insiste sur les différences entre femmes et hommes, au lieu de les effacer.

Utiliser un même genre grammatical pour tous les êtres humains me paraîtrait préférable, évitant de faire ce lien (à mon sens tout à fait indésirable) entre le genre d’une personne et le genre grammatical. Ceci serait, de mon avis, nettement plus inclusif. Par ailleurs, cela permettrait de plus facilement écrire sans définir le genre de quelqu’un. Par exemple, pour une écrivaine, cela veut dire que ses personnages ne recevront un genre que si elle le souhaite vraiment.

Et évidemment, ce serait beaucoup moins lourd que l’écriture inclusive. Pensée pour l’écrit, cette dernière peut d’ailleurs créer une scission avec l’oral, demandant à une lectrice de transformer, par exemple, un "tou-te-s" en "toutes et tous".

D’où cette proposition d’un "fuminin grammatical universel".

Note : ces opinions et l'oeuvre elle-même n'engagent que moi ; et en rien les actrices.

 

Fuminin grammatical universel

C’est le nom que je donne à la réforme grammaticale qui aurait été adoptée dans ce futur assez idéal. L'idée serait que les genres grammaticaux soient complètement déliés des genres des individus, et qu'on les renomme en quelque chose de différents. (Par exemple fuminin et ressulin : une table étant un nom fuminin et un tabouret un nom ressulin.)

L’idée est simple : les êtres humains sont tous considérés grammaticalement fuminins. Ainsi, on dira toujours « elle ». Pour les hommes, elles n’ont qu’à se considérer comme des personnes. Être un homme ne m'empêche pas d'être une (personne) procrastinatrice ; par exemple.

Cela demande évidemment un gros effort d'adaptation pour nous (car c'est là la seule qualité que je trouve à l'écriture "inclusive" : le fait de pouvoir facilement l'utiliser dans le présent). Mais à terme, pour quelqu'un qui n'a jamais connu que ce fuminin, ce serait en fait bien plus simple.

Mais derrière cette idée élémentaire, il y a parfois des cas un peu plus compliqués. Il paraît normal de ne plus utiliser que le fuminin pour des mots se rapportant à des êtres humains : une enseignante, une artiste, une collègue en congé paternité, une voisine moustachue… Mais alors, mon frère devient-il ma sœur ? Il y a des mots si profondément genrés…

J’ai choisi de faire changer de genre certains mots, sans les « féminiser » davantage. Une frère, une père… Et Monsieur devient Masieur. Afin que celles qui tiennent à revendiquer leur virilité ou leur féminité puissent le faire, mais sans passer par une distinction de genre grammatical. Et je me suis permis d’ajouter Magens, pour celles qui au contraire préféreraient un titre neutre. Ou simplement pour désigner quelqu’un dont on ne sait pas si elle veut être appelée Masieur, Madame ou justement Magens.

Dans la lignée de cette féminisation minimaliste, j'ai parfois appliqué ce principe pour d'autres mots, pour des raisons "esthétiques", "à l'oreille". Et ce, parfois même lorsqu'il existait déjà des féminins. "Une auteure" me paraît tellement plus joli que "une autrice"…

Bref, j’ai fait des choix sur des questions collatérales. Je ne prétends pas avoir fait les meilleurs. Et il reste des questions en suspens (par exemple pour les robots et les animaux). Mais je me perds à rêver que ce pourrait être un point d’appui pour de nouvelles pratiques, quitte à opter pour quelque chose de différent sur ces questions collatérales.

nestorkennard (at protonmail.ch)